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Mois Après Mois

30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 12:36
          Je vous offre ici la version intégrale du poème de Jacques Prévert (encore lui...) qui m'a servi à illustrer mon article Arbres .


Quand la vie est un collier

Quand va la vie est un collier
chaque jour est une perle
Quand va la vie est une cage
chaque jour est une larme
Quand va la vie est une forêt
chaque jour est un arbre
Quand va la vie est un arbre
chaque jour est une branche
Quand va la vie est une branche
chaque jour est une feuille

Quand va la vie c'est la mer
chaque jour est une vague
chaque vague est une plainte
une chanson un frisson

Quand va la vie est un jeu
chaque jour est une carte
le carreau ou le trèfle
le pique le malheur

Et quand c'est le bonheur
les cartes de l'amour
c'est le cul et le coeur.

(Jacques Prévert, Fatras)
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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 12:44
          Ma fille a appris la première partie de cette chanson comme un poème à l'école. Je l'ai trouvé tellement sympa que je vous en offre la version intégrale et en musique s'il-vous-plaît !



Le poisson fa


Il était une fois
Un poisson fa.
Il aurait pu être poisson-scie,
Ou raie,
Ou sole,
Ou tout simplement poisson d'eau,

Ou même un poisson un peu là,
Non, non, il était poisson fa :
Un poisson fa,
Voilà.

Il n'avait même pas de dièse,
Et d'ailleurs s'en trouvait fort aise;
"C'est un truc, disait-il,
A laisser à l'écart,
Après, pour l'enlever,
Il vous faut un bécarre,
Et un bécarre,
C'est une chaise
Qui a un air penché et pas de pieds derrière;
Alors, très peu pour moi,
Autant m'asseoir par terre,
Non, non, non, non, non, non, non,
Pas de dièse.

Quoi vous avez le front de trouver cela beau,
Un dièse qui vous suit partout comme un cabot ?
Comme il disait ces mots, passait sur le trottoir
Un cabot très truité, qu'il avait vu trop tard,
Et qui avait ouï la fin de la harangue

"Ut ! dit Fa in petto."
J'ai mal tenu ma langue
Ça pourrait me coûter poisson !
C'est comme ça qu'on dit en langage poisson,
On ne dit jamais : cher, on dit toujours : "poisson"
"Je crois bien que j'ai mis la queue dans la saucière"
Encore une expression de ce langage-là
Qu'on emploie au lieu de : mis les pieds dans le plat "
Mais le cabot hautain, passait sans sourciller.
Cependant, quand il fut passé plus qu'à moitié,
D'un grand coup de sa queue,
Il te souffle ta Fa-a-a-
Et Fa, assez froissé, parti cahin, caha :

"ll s'en allait soigner son dépit de poisson
Au débit de boisson "
Il était une fois
Un poisson FA.

 

 

 

 


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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 15:26
         Pour aujourd'hui, voici un joli poème que j'aurais pu choisir pour illustrer le lundi arc-en-ciel. J'espère qu'il vous plaira autant qu'à moi !


L'arc-en-ciel

                             De sa cage de nuages et de pluie
                             Un bel oiseau s'est évadé
                             Pour se poser sur les doigts du soleil.

                             Bleu indigo violet
                             Vert jaune orange rouge

                             Plus un enfant ne bouge
                             Le bel oiseau à déployé
                             Ses plumes sur le ciel.

                             Robert BESSE, Poèmes pour un oiseau.
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2 mai 2009 6 02 /05 /mai /2009 12:02
         Alors même que Dana nous proposait il y a quelque temps de nous placer du  point de vue d'une fourmi mettre à la place d'une fourmi, je retrouvais cet amusant poème de Robert Desnos dans le livre de lecture de ma fille (elle est en CP).


La fourmi

Une fourmi de dix-huit mètres
Avec un chapeau sur la tête,
Ça n'existe pas, ça n'existe pas.
Une fourmi traînant un char
Plein de pingouins et de canards,
Ça n'existe pas, ça n'existe pas.
Une fourmi  parlant français,
Parlant latin et javanais,
Ca n'existe pas, ça n'existe pas.
Eh !  Pourquoi pas ?

Robert Desnos, Chantefables et Chantefleurs



        J'ai moi -même appris ce poème à l'école et je me souviens que mon institutrice nous avait proposé un petit jeu d'écriture où nous devions rédiger trois strophes à la manière de Robert Desnos. Je n'ai aucune trace de ce que j'avais écrit à l'époque mais je me souviens vaguement avoir parlé d'un ver de terre en tutu rose !!!! 
       
        Que diriez-vous de jouer à la manière de Robert Desnos ??? Si vous êtes interessés, faites le moi savoir dans vos comms et si nous sommes assez nombreux (une dizaine au moins me semble un bon chiffre), j'organiserai ce petit jeu d'écriture !
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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 00:44
          Lundi en me baladant sur la centaine de blogs participant à la journée violette de Dom, la variété des réalisations de chacun m'a évoqué un formidable "Inventaire à la Prévert" . J'ai donc eu envie de vous montrer la version originale de cette liste farfelue et surréaliste mêlant ratons laveurs, fossoyeurs, un oncle Cyprien ou encore un fauteuil Louis XVI !

Inventaire

Une pierre
deux maisons
trois ruines
quatre fossoyeurs
un jardin
des fleurs

un raton laveur

une douzaine d'huîtres un citron un pain
un rayon de soleil
une lame de fond
six musiciens
une porte avec son paillasson
un monsieur décoré de la légion d'honneur

un autre raton laveur

un sculpteur qui sculpte des Napoléon
la fleur qu'on appelle souci
deux amoureux sur un grand lit
un receveur des contributions une chaise trois dindons
un ecclésiastique un furoncle
une guêpe
un rein flottant
une écurie de courses
un fils indigne deux frères dominicains trois sauterelles un strapontin
deux filles de joie un oncle Cyprien
une Mater dolorosa trois papas gâteau deux chèvres de Monsieur Seguin
un talon Louis XV
un fauteuil Louis XVI
un buffet Henri II deux buffets Henri III trois buffets Henri IV
un tiroir dépareillé
une pelote de ficelle deux épingles de sûreté un monsieur âgé
une Victoire de Samothrace un comptable deux aides-comptables
   un homme du monde deux chirurgiens trois végétariens
un cannibale
une expédition coloniale un cheval entier une demi-pinte de bon
   sang une mouche tsé-tsé
un homard à l'américaine un jardin à la française
deux pommes à l'anglaise
un face-à-main un valet de pied un orphelin un poumon d'acier
un jour de gloire
une semaine de bonté
un mois de Marie
une année terrible
une minute de silence
une seconde d'inattention
et ...

cinq ou six ratons laveurs

un petit garçon qui entre à l'école en pleurant
un petit garçon qui sort de l'école en riant
une fourmi
deux pierres à briquet
dix-sept éléphants un juge d'instruction en vacances assis sur un pliant
un paysage avec beaucoup d'herbe verte dedans
une vache
un taureau
deux belles amours trois grandes orgues un veau marengo
un soleil d'Austerlitz
un siphon d'eau de Seltz
un vin blanc citron
un Petit Poucet un grand pardon un calvaire de pierre une échelle de corde
deux soeurs latines trois dimensions douze apôtres mille et une nuits
   trente-deux positions six parties du monde cinq points cardinaux
   dix ans de bons et loyaux services sept péchés capitaux deux doigts
   de la main dix gouttes avant chaque repas trente jours de prison
   dont quinze de cellule cinq minutes d'entr'acte

et ...

plusieurs ratons laveurs.


Jacques Prévert, Paroles.

Et comme j'aime beaucoup Prévert, voici les trois autres poèmes de ce grand monsieur que vous pouvez trouver dans mon Blog et Broc :
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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 08:16
          En effectuant quelques recherches sur le net, il semblerait que contrairement à ce que je vous ai dit avant-hier, ce poème ait été inspiré par la mutinerie du bagne d'enfants (on croit rêver...) de Belle-île en Mer en 1934. il faut savoir qu'à l'époque 20 francs ont été offert à toute personne qui retrouverait un fugitif ! Le "bagne d'enfants" de Belle-île n'a été fermé qu'en 1977.
          Quoiqu'il en soit, c'est un poème magnifique que je ne pouvais manquer de vous présenter.

La Chasse à l'enfant

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

Au-dessus de l'île on voit des oiseaux
Tout autour de l'île il y a de l'eau

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

Qu'est-ce que c'est que ces hurlements

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

C'est la meute des honnêtes gens
Qui fait la chasse à l'enfant

Il avait dit j'en ai assez de la maison de redressement
Et les gardiens à coup de clefs lui avaient brisé les dents
Et puis ils l'avaient laissé étendu sur le ciment

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

Maintenant il s'est sauvé
Et comme une bête traquée
Il galope dans la nuit
Et tous galopent après lui
Les gendarmes les touristes les rentiers les artistes

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

C'est la meute des honnêtes gens
Qui fait la chasse à l'enfant

Pour chasser l'enfant, pas besoin de permis
Tous les braves gens s'y sont mis
Qu'est-ce qui nage dans la nuit
Quels sont ces éclairs ces bruits
C'est un enfant qui s'enfuit
On tire sur lui à coups de fusil

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

Tous ces messieurs sur le rivage
Sont bredouilles et verts de rage

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

Rejoindras-tu le continent rejoindras-tu le continent!

Au-dessus de l'île on voit des oiseaux
Tout autour de l'île il y a de l'eau.

Jacques Prévert, Paroles, 1945

Autres poèmes de Prévert dans mon Blog et Broc :



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5 octobre 2008 7 05 /10 /octobre /2008 09:21
          Ce matin, il pleut, il vente, il ne fait pas chaud : un vrai temps d'automne !!!
          C'est l'occasion pour moi de vous présenter Chanson d'automne, un superbe poème de Paul Verlaine.

Détail d'une mosaïque représentant les quatre saisons, que l'on peut voir au Musée du Bardo à Tunis. Ceci est bien sûr la déesse de l'Automne.

Chanson d' automne 


Les sanglots longs
Des violons
    De l’automne
Blessent mon cœur
D’une langueur
    Monotone.

Tout suffocant
Et blême, quand
    Sonne l’heure,

Je me souviens
Des jours anciens
    Et je pleure ;

Et je m’en vais
Au vent mauvais
    Qui m’emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
    Feuille morte.


Paul Verlaine, Les Poèmes Saturniens.
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5 septembre 2008 5 05 /09 /septembre /2008 12:00
        Suite à mon article sur le fabuleux poème de Jacques Prévert, Le Cancre , j'ai découvert grâce à Mimisan ce non moins merveilleux poème et je souhaite le partager avec vous tous.
       Merci à Mimisan pour ce beau cadeau !

Le Désespoir est Assis sur un Banc

Dans un square sur un banc
Il y a un homme qui vous appelle quand on passe
Il a des binocles un vieux costume gris
Il fume un petit ninas il est assis
Et il vous appelle quand on passe
Ou simplement il vous fait signe
Il ne faut pas le regarder
Il ne faut pas l'écouter
Il faut passer
Faire comme si on ne le voyait pas
Comme si on ne l'entendait pas
Il faut passer et presser le pas
Si vous le regardez
Si vous l'écoutez
Il vous fait signe et rien personne
Ne peut vous empêcher d'aller vous asseoir près de lui
Alors il vous regarde et sourit
Et vous souffrez atrocement
Et l'homme continue de sourire
Et vous souriez du même sourire
Exactement
Plus vous souriez plus vous souffrez
Atrocement
Plus vous souffrez plus vous souriez
Irrémédiablement
Et vous restez là
Assis figé
Souriant sur le banc
Des enfants jouent tout près de vous
Des passants passent
Tranquillement
Des oiseaux s'envolent
Quittant un arbre
Pour un autre
Et vous restez là
Sur le banc
Et vous savez vous savez
Que jamais plus vous ne jouerez
Comme ces enfants
Vous savez que jamais plus vous ne passerez
Tranquillement
Comme ces passants
Que jamais plus vous ne vous envolerez
Quittant un arbre pour un autre
Comme ces oiseaux.

 Jacques Prévert, Paroles, 1945




Jacques Prévert par Robert Doisneau






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3 septembre 2008 3 03 /09 /septembre /2008 15:14
        Ma fille aînée est rentrée en CE2 hier. Pour commencer l'année, sa maîtresse a choisit de leur faire apprendre ce merveilleux poème de Jacques Prévert : Le Cancre.
       J'aime beaucoup ce poème que j'avais moi aussi appris à l'école et j'ai donc choisi de le partager avec vous en cette période de rentrée scolaire. Et pour l'illustrer, quoi de mieux que ces superbes photos du grand Robert Doisneau ?


Le Cancre

Il dit non avec la tête
Mais il dit oui avec le cœur
Il dit oui à ce qu'il aime
Il dit non au professeur
Il est debout
On le questionne
Et tous les problèmes sont posés
Soudain le fou rire le prend
Et il efface tout
Les chiffres et les mots
Les dates et les noms
Les phrases et les pièges
Et malgré les menaces du maître
Sous les huées des enfants prodiges
Avec des craies de toutes les couleurs
Sur le tableau noir du malheur
Il dessine le visage du bonheur

Jacques Prévert, Paroles, 1945

 


   


Et pour le plaisir, cette dernière photo de Jacques Prévert par Robert Doisneau en 1955

 

 

Autres poèmes dans mon Blog et Broc :

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14 juillet 2008 1 14 /07 /juillet /2008 06:18
       
Jeune homme nu assis au bord de la mer
Hippolyte FLANDRIN
Musée du Louvre


C'est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort souriant comme
Sourirait un enfant malade, il  fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.


        Ce tableau, conservé au Musée du Louvre, m'a immédiatement fait penser à ce magnifique poème d'Arthur Rimbaud. J'ai voulu partager avec vous ce moement en ce jour de défilé militaire...


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